De l’œil à l’écran, avec un détour par le film

Les carrés A et B ont la même teinte

Un appareil-photo numérique capture la lumière mathématiquement alors que notre œil l’interprète. Sur l’image ci-contre, les carrés A et B ont exactement la même luminosité. Pourtant, nous ne les percevons pas comme tels. C’est parce que notre cerveau effectue un traitement très complexe de l’image qui apparaît sur notre rétine. Ce traitement minimise les effets d’éclairage pour nous montrer la réalité des objets. C’est grâce à ce traitement que nos ancêtres ont survécu aux prédateurs, depuis l’époque des dinosaures. L’illusion ci-contre nous montre le merveilleux fonctionnement de notre vision plutôt que ses carences.

Lorsque nous utilisions des pellicules argentiques, nous n’obtenions pas le même résultat selon que nous utilisions un film Velvia, Kodakrome ou Vericolor II Professional. Chacun de ces films effectuait un traitement différent de l’image. Un Photoshop chimique, en quelque sorte. Les fabricants de pellicule étaient passés maîtres dans l’art d’améliorer l’image captée par l’objectif en ajustant la courbe de réponse de la pellicule à la lumière.

L’appareil numérique, par contre, capture la lumière en vertu de la logique implacable de la physique. Deux fois plus de photons égale deux fois plus de courant égale un chiffre deux fois plus élevé sur le disque dur. Pour qu’une photo nous apparaisse aussi belle que l’image que nous avons observée, il est presque toujours nécessaire de reproduire avec un logiciel ce que notre œil fait sans même que nous nous en rendions compte.

Originellement, ce logiciel était Photoshop, qui existait depuis 1990, soit bien avant les premiers appareils photo numériques. En 2005, Apple lance le logiciel Aperture. C’était le premier logiciel de traitement d’image dédié à la photographie. Il a pour caractéristique principale de traiter directement les fichiers RAW, véritables négatifs numériques, et ceci, sans les altérer. Le résultat est supérieur à ce qu’on peut obtenir en modifiant l’image développée. De plus, Aperture est doté de fonctions de classement de photo, bien plus nombreuses que lors de la période argentique.

Adobe réplique en 2007 avec Lightroom. Contrairement à Photoshop, ce nouveau logiciel d’Adobe est, tout comme Aperture, conçu spécifiquement pour les photographes. Il permet de classer les photos et de développer les négatifs numériques. Les fichiers RAW et JPEG sont traités de la même façon. Par conséquent, il beaucoup plus convivial tout en ayant la majeure partie de la fonctionnalité de Photoshop CS5. La prise de vue dans le format RAW est un net avantage avec Lightroom car il est alors possible de faire très facilement des corrections beaucoup plus poussées qu’avec le format JPEG.

Les professionnels y trouvent leur avantage et l’utilisent maintenant pour «développer» leurs négatifs numériques et travailler la plupart de leurs photos, en n’utilisant Photoshop que pour les cas où il est nécessaire de modifier l’image au niveau des pixels.

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