Dix ans de photographie numérique

J’ai acheté mon premier appareil-photo numérique, un Nikon D100 de 6 méga-pixels, le 31 août 2002. Il m’avait coûté près de 5000$, incluant un objectif 24-85 mm f/3.5-4.5 et une carte mémoire compact flash de 256 Mo qui coûtait 300$ à elle seule.

J’ai lu le manuel du propriétaire où on expliquait la différence entre un fichier RAW et un fichier JPEG. J’ai compris que les fichiers RAW correspondaient en quelque sorte à des négatifs. Ayant eu une chambre noire couleur durant une quinzaine années, j’ai réglé sans hésitation mon appareil-photo dans ce format. Je pouvais enregistrer 25 fichiers RAW sur ma carte mémoire. Bon, après tout, j’avais longtemps travaillé avec des films de 36 poses, j’étais habitué à la misère.

Le 12 octobre, j’ai pris la photo suivante au Parc du mont Saint-Bruno. Je l’ai aussitôt mise de côté parce que le ciel était brûlé et les ombres bouchées. Coudon, on ne réussit pas à tous les coups. J’avais découvert les limites de la photo numérique.

La photo sans traitement

Le 2 novembre de la même année, j’ai acheté Photoshop 7 pour travailler mes photos. Lorsque j’avais appris, longtemps auparavant, la photo avec les livres d’Antoine Désilets, celui-ci écrivait que, si vous n’avez pas de chambre noire, vous ne finissez pas votre travail. Photoshop étant l’équivalent en numérique, ça s’imposait.

Le 17 novembre, j’ai acheté le bouquin Real World Photoshop 7 de David Blatner et Bruce Fraser afin d’apprendre à utiliser ce logiciel pas tellement intuitif, même pour l’informaticien que j’étais. Bouquin que j’ai dû lire et relire avant de parvenir à dompter le monstre. J’ai entre autre appris dans ce livre une technique pour utiliser la sélection par plage de couleurs et les calques de réglage pour faire ressortir les détails d’une photo très contrastée. Heureusement, je ne jette jamais mes photos. Celle du Mont Saint-Bruno était le cobaye parfait. J’ai pu jouer à Frankenstein et la ressusciter à grands coups d’électrons. Malgré quelques petites bizarreries autour des branches de certains arbres, j’étais assez contant du résultat.

La version Photoshop

Le 8 août 2006, j’ai acheté un autre livre de Bruce Fraser qui allait changer ma vie de photographe numérique: Real World Camera RAW avec Photoshop CS2. J’étais assez impressionné qu’on puisse consacrer un livre entier sur un plugin de Photoshop. C’est là que j’ai découvert ce qu’était vraiment un fichier RAW et pourquoi on avait avantage à faire le maximum de travail dans Camera RAW avant de passer à Photoshop. Comme l’écrivait Bruce Fraser, avec Camera RAW, c’est plutôt Photoshop qui fait figure de plugin. C’était tellement vrai que, pour beaucoup de photos, je faisais tout le travail dans Camera RAW et je n’enregistrais même pas de document Photoshop: je conservais simplement le fichier XMP qui contenait les réglages de Camera RAW. Un peu pénible comme workflow, mais en tant qu’utilisateur de Photoshop, j’en avais vu d’autres.

Lightroom est arrivé en 2007. Dès que j’ai su qu’il était basé sur la technologie de Camera RAW, je l’ai immédiatement adopté. Trois versions et quelques années plus tard, on arrive à Lightroom 4. Les réglages de base avaient tellement été améliorés par rapport aux versions précédentes que je me suis amusé à revisiter mes photos difficiles. Celle du Mont Saint-Bruno était un cas qui méritait un petit essai. Le résultat est étonnant. Les couleurs s’allument sans le moindre petit défaut dans les plus fines branches. Quand on compare à la version produite avec Photoshop, cette dernière est totalement plate alors que la version Lightroom 4 semble en trois dimensions.

La version Lightroom 4

Contrairement à nos photo argentiques, dont les couleurs s’affadissent avec le temps, nos photos RAW s’améliorent avec les années! Je suis très content d’avoir adopté ce format dès le début.

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