Quel éclairage choisir en photo culinaire ?
Mon nouveau site de cuisine chinoise est très visuel avec une photo pour illustrer chaque ingrédient et chaque étape de la préparation. C’est essentiel, car il y a des ingrédients exotiques et des façons particulières de les préparer. Pour toutes ces photos, je désire trouver le meilleur éclairage pour la photo culinaire afin d’assurer une cohérence dans la luminosité et les couleurs.
Lumière ambiante
Nadia Bélanger avait donné un excellent cours de photo culinaire en lumière ambiante chez Photo tous azimuts avant la pandémie. Elle insistait sur la nécessité d’être près de grandes fenêtres pour obtenir une lumière douce. Étant donné que j’en ai une juste à côté de la table dans mon condo, une ancienne usine, c’est naturellement la première chose que j’ai essayée. J’ai utilisé un ColorChecker pour mesurer la température couleur et la technique d’exposition parfaite pour obtenir la meilleure exposition sur l’ensemble des photos.
Sauf que ça ne marchait pas du tout car, contrairement à Nadia, je produis des séries de photos, qui ne sont pas nécessairement prises la même journée. Et même lorsqu’elles le sont, la température couleur et la luminosité peuvent changer très rapidement. Même si l’éclairage est indirect, le soleil étant de l’autre côté de l’immeuble, il suffit qu’un nuage passe à l’extérieur pour que tout bascule. Prises à 4-5 minutes d’intervalle, les photos ci-dessous illustrent le phénomène. (Cliquez sur les images pour les voir en grand.)
Flash et softbox
L’utilisation d’un flash peut être intimidant mais l’avantage, avec un éclairage sous contrôle, c’est qu’une fois qu’on a trouvé les bons réglages, plus rien de change par la suite. Finalement, ce qui paraît compliqué se révèle plus simple.
J’avais déjà un flash, un réflecteur et un trépied pour mon appareil photo. J’ai profité de la vente de liquidation de Photo Service pour acheter un softbox avec son support et des télécommandes Pocket Wizard pour activer le flash à distance, sans fil. D’abord, j’ai ajusté la vitesse d’obturation de l’appareil photo à 1/250 de seconde pour éliminer complètement la lumière ambiante. Puis, j’ai fait quelques essais avec le ColorChecker pour ajuster la puissance du flash en mode manuel afin d’obtenir la bonne exposition.
Les photos ci-dessous, étalées sur plus d’un mois, permettent de constater que les couleurs et l’éclairage restent constants à travers le temps. J’ai même pu créer un paramètre prédéfini dans Capture One pour ajuster le tout en un seul clic. (On pourrait faire de même dans Lightroom.)
L’importance du relief
L’angle de l’éclairage fait toute la différence. Sur la première photo ci-dessous, on peut voir que le plat ne présente aucun relief. C’est parce que l’éclairage provient de la lumière de la hotte, située juste au-dessus de la cuisinière. Cet éclairage est semblable à la lumière du midi sur un paysage : il n’y a pas d’ombres, donc pas de relief. Et c’est malheureusement la seule source de lumière ambiante à cet endroit.
Sur la seconde photo, la seule source de lumière est le flash, à travers le softbox. Celui-ci est située plus bas et orienté à 90° par rapport à l’appareil photo. Ceci crée des ombres qui donnent du relief à la nourriture, la rendant beaucoup plus appétissante. Dans son livre La pratique du flash en photographie, Bryan Peterson qualifie le flash de « soleil dans votre sac photo ». Disons que je l’ai positionné à l’heure dorée…
Lumière de la hotte
Lumière du flash
Deux sources de lumière
La présence de multiples sources de lumière est un autre problème que l’on rencontre souvent avec la lumière ambiante. Dans la première photo ci-dessous, des portions de la cuisinière et du wok présentent de fortes dominantes bleues et violettes. C’est parce qu’ils reçoivent à la fois de la lumière orangée provenant de la hotte et de la lumière bleue provenant des fenêtres, même si celles-ci sont loin. Dans la seconde photo, à cause de la vitesse d’obturation élevée qui bloque l’éclairage ambiant, toute la lumière provient du flash. Ceci fait en sorte que la lumière est mieux répartie et que les couleurs sont correctes partout sur la photo.
Lumière ambiante
Lumière du flash
La constance de l’éclairage
Les deux photos ci-dessous montrent que l’éclairage du flash ne varie jamais, peu importe l’endroit de la prise de vue. La première photo a été prise sur la cuisinière et la seconde sur la table, située 4 mètres plus loin, près des fenêtres. Mais comme elles ne sont toutes deux éclairées que par la lumière du flash, l’éclairage est cohérent et le post-traitement est de beaucoup simplifié. C’est l’avantage d’exercer un plein contrôle sur l’éclairage en photo culinaire.
Sur la cuisinière
Sur la table
On veut pas le savoir, on veut le voir !
Venez le constater en personne
J’organise une démonstration qui vous permettra de constater en personne la différence que fait l’utilisation d’un flash avec un softbox pour l’éclairage de la photo culinaire et de voir comment ça se passe en pratique. En prime, vous pourrez déguster le plat après la séance photo. Le tout se termine par une démonstration du post-traitement qui vous permettra d’en apprécier la simplicité.
L’inscription coûte 59 $ par personne.
Le groupe est limité à 6 personnes.















Photo: Serge Froment